La peur de mourrir

La thanatophobie, ou peur intense de la mort, est une forme d’anxiété profonde qui touche de nombreuses personnes. Elle se manifeste souvent par une peur irrationnelle de mourir, de voir un proche disparaître, ou même d’aborder le sujet de la mort. Cette angoisse peut envahir le quotidien, perturber le sommeil et empêcher de profiter pleinement de la vie. Pourtant, il est possible d’apprendre à l’apaiser. Comprendre son origine et lui redonner du sens est la première étape vers la sérénité.

Regardons ensemble :

Comprendre nos conditionnements culturels

Dans notre culture occidentale, la mort est souvent entourée de silence, de tabous et de rituels empreints de tristesse. Dès l’enfance, on associe le cimetière à la douleur, à la perte et au vide. Pourtant, dans d’autres pays, la mort se célèbre. Au Mexique, le Día de los Muertos est une véritable fête colorée, joyeuse, où l’on honore les défunts avec musique, fleurs et offrandes. En Afrique, certains villages accompagnent les départs par des chants et des danses, considérant la mort comme un passage, non une fin. Ces visions rappellent que la peur de mourir est surtout culturelle : elle naît de notre éducation, de notre rapport collectif au deuil.


Une vision cyclique de la vie

À mon humble avis, tout dans la nature est cyclique : les saisons, la croissance des arbres, le lever et le coucher du soleil, les mouvements des planètes et des étoiles. Rien ne disparaît vraiment, tout se transforme. C’est de ce principe qu’est né le concept de la réincarnation d ‘ailleurs : l’idée que la vie se poursuit autrement, sous d’autres formes, comme une énergie en mouvement perpétuel. Cette perspective adoucit la peur, car elle replace la mort dans un cycle naturel, plutôt qu’en rupture brutale.


La mort à l’ère du numérique

Un autre phénomène révèle notre difficulté à accepter la mort : notre existence digitale. Selon plusieurs projections, d’ici 2065, Facebook comptera davantage de comptes appartenant à des personnes décédées qu’à des vivantes. Cela montre qu’une part de nous continue d’exister virtuellement. Même après la mort physique, des fragments de notre identité demeurent actifs, visibles, connectés. Ce prolongement numérique questionne profondément notre rapport à la fin : que signifie “mourir” à une époque où une partie de soi reste présente dans le monde virtuel ?

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Les limites des pratiques funéraires actuelles

Les cimetières d’aujourd’hui font face à des enjeux écologiques majeurs. Les sols manquent de terre vivante et de vers nécessaires à la décomposition naturelle. De plus, certains traitements utilisés dans les cercueils et monuments funéraires polluent la nappe phréatique, donc l’eau que nous buvons. Face à ces constats, de nouvelles alternatives:

En Suède, la biologiste Susanne Wiigh-Mäsak à développé le procédé de promession, une méthode de décomposition naturelle par le froid : le corps est plongé dans l ‘azote liquide – 200 °, puis réduit en poudre biodégradable. Une autre approche, inventée par Alkaline Hydrolysis (appelée aussi résomation, conçue par Sandy Sullivan), consiste à transformer le corps en liquide par un processus chimique à base d’eau et d’hydroxyde de potassium. Ces innovations témoignent d’un changement profond dans notre rapport à la mort : plus écologique, plus conscient, plus apaisé mais encore trop cher..


Une évolution des mentalités

Il y a quarante ans, l’incinération était mal perçue. Associée au feu et aux flammes de l’enfer, elle était considérée presque comme un sacrilège. Aujourd’hui, elle est devenue une pratique courante, intégrée à la conscience collective. Seule limite : l’émission de CO₂ lors du processus. Mais cet exemple montre que notre rapport à la mort évolue. Ce qui nous effraie aujourd’hui peut devenir demain une évidence apaisée.


well, well, well….

La peur de la mort n’est, au fond, qu’une pensée. Comme toute pensée, elle traverse l’esprit, puis s’efface. Rappelez-vous : pouvez-vous vous souvenir de vos pensées d’il y a trois pensées ? Probablement pas. De la même manière, la peur peut être observée, reconnue, puis laissée partir. En apprenant à la regarder sans s’y accrocher, on découvre que derrière elle, il y a la vie, simple, fluide, et éternellement en mouvement.

Article rédigé par Ophélie Martin, Hypnothérapeute à Strasbourg et Mundolsheim, spécialisée en gestion de l’anxiété, thérapies brèves et accompagnement émotionnel.

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